Une combinaison spatiale made in France vient de rejoindre la Station spatiale internationale (ISS). Et ce n’est pas qu’une question d’équipement pour l’Europe, l’enjeu est avant tout souverain.

La combinaison spatiale EuroSuit. ©Decathlon
La combinaison spatiale EuroSuit. ©Decathlon

Le 13 février dernier, Sophie Adenot devenait la deuxième femme de nationalité française à rejoindre l’orbite. Et si depuis, elle mène des expériences scientifiques cruciales, elle a aussi pour mission de tester EuroSuit, une combinaison spatiale intra-véhiculaire, fruit d’une collaboration entre le CNES, la start-up Spartan Space, l’Institut de Médecine et Physiologie Spatiales (MEDES) et Decathlon. Et justement, le prototype vient de rejoindre l’ISS à bord d'une capsule cargo Dragon de SpaceX, annonce European Spaceflight.

Tester l'ergonomie

Les tests porteront avant tout sur l’ergonomie du prototype en conditions réelles de microgravité. Le premier critère scruté tombe sous le sens, puisqu’il s’agit de la rapidité d’enfilage. Ainsi, l'EuroSuit doit pouvoir être enfilée ou retirée en moins de deux minutes, en totale autonomie, ce qui relève du défi dans un environnement aussi restreint.

Sophie Adenot évaluera également sa capacité à manipuler de petits objets en portant la combinaison, ainsi qu’à interagir avec les interfaces tactiles à bord de la station. Ses retours seront ensuite exploités pour affiner le design du prototype, avant qu’une version améliorée ne soit fabriquée et testée au sol.

Pour rappel, ce projet a été initié en 2023 par le CNES en décembre 2023 dans le cadre du programme Spaceship FR, qui vise à favoriser le développement des technologies clés nécessaires aux futures missions habitées.

Le scaphandre de la combinaison EuroSuit. ©Decathlon
Le scaphandre de la combinaison EuroSuit. ©Decathlon

Souveraineté européenne

« Conformément à l’ambition de l’Europe d’atteindre une plus grande autonomie dans le domaine des vols spatiaux habités, le CNES a décidé de se concentrer sur les combinaisons intra-véhiculaires. En nous appuyant sur l’expertise exceptionnelle de nos partenaires, nous sommes prêts à fournir ce type de combinaison le moment venu. Ce faisant, nous assumons pleinement notre rôle de soutien et d’accompagnement de notre industrie  », a indiqué Sébastien Barde, directeur adjoint chargé de l’exploration et des vols spatiaux habités au sein du centre.

L’idée est donc de poser les bases d’un équipement spatial 100 % européen, de la conception jusqu’au port en orbite. Et la question est brûlante, alors que la question de la souveraineté devient incontournable dans de nombreuses industries, et particulièrement celle de l’espace.